RAPPORTS DE PARTIE « SABOTAGE »
Rapport n°1 de partie : première partie test de « Sabotage »
Cette toute première partie test de « Sabotage » prend pour cadre « Bourgentin ». Ce contexte est totalement fictif bien qu’inspiré par la seconde guerre mondiale.
Cette histoire réunit 3 hommes.
Heinrich est un vétéran allemand hanté par la première guerre mondiale et qui a décidé de s’éloigner de l’Allemagne pour vivre une vie paisible d’agriculteur en France. Rattrapé par le conflit, en total désaccord avec les exactions menés par Hitler, il n’est pas très discret sur la haine qu’il éprouve envers ses compatriotes qui occupent la région. Pourtant cela ne lui apporte aucune sympathie de la part de la population locale qui le considère quasiment comme un ennemi.
Robert est un professeur humaniste qui exerçait dans l’une des université de Paris. Quand la guerre a éclaté, il a préféré fuir la capitale pour rejoindre Bourgentin où se trouve une partie de sa famille. Depuis que l’ennemi a commencé à occuper la zone, Robert est en colère, il se sent tellement impuissant dans cette situation, et il s’emporte souvent face aux injustices dont il est le témoin.
Jean est un jeune chauffeur originaire de Bourgentin. Étant l’une des rares personnes de sa ville a posséder un véhicule et à savoir conduire correctement, il a été recruté par les Nazis pour servir de chauffeur dans la région. Il est plutôt bien intégré dans cette société occupée, et il sert ainsi de conducteur à quelques gradés allemands quand le besoin se présente. Cependant, les restrictions imposées par l’ennemi le poussent à vouloir agir.
Ces hommes se font remarquer par un certain « Marcel ». Prisonnier anglais qui a échappé à la cruauté du major allemand Graussam, il compte bien se venger de son bourreau et commencer une lutte intérieure contre l’ennemi. Le trio qui se présente à lui dans une petite cabane abandonnée de pêcheur dans le marécage isolé lui donne l’opportunité de lancer son mouvement de résistance malgré sa condition de clandestin recherché.
L’ancien pilote britannique fournit à chacun des trois hommes un pistolet et un chargeur. Il leur demande d’assassiner le major allemand. Les trois hommes sont surpris et inquiets par la demande mais ils finissent par accepter cette mission.
Ils passent le reste de la nuit à ourdir un plan pour piéger le gradé ennemi. Leur cible vit au Domaine du Bourg, un château de style Renaissance en pleine campagne à quelques kilomètres de Bourgentin.
Le plan établi par les trois hommes est simple : surprendre le Nazi lors de l’un de ses déplacements. Deux facteurs restent à déterminer : où et quand ? Le seul moyen de répondre à ces questions est de se rapprocher du major Graussam.
Jean qui travaille parfois comme chauffeur au Domaine du Bourg est chargé de se renseigner sur le véhicule et l’emploi du temps du Nazi. Heinrich et Robert quant à eux explorent les chemins pour trouver le meilleur endroit pour attaquer.
Le chauffeur de Bourgentin sait que le major n’est pas prudent dans ses déplacements. Depuis que l’occupation a commencé, la zone ne présente aucun danger pour les allemands, ils n’ont aucune raison de se méfier. Il décide d’essayer de se rapprocher d’un mécanicien du Domaine du Bourg. Malgré les difficultés de communication, le mécano ne parlant pas français, Jean arrive à inspecter le véhicule privé du major. Mais avec le mécanicien, rejoins par Guerart le chauffeur du véhicule, Jean n’a pas l’opportunité de mettre ses mains dans le cambouis pour saboter la voiture.
Il fait cependant connaissance avec le chauffeur privé du major Graussam, qui par chance, parle un français basique.
Heinrich et Robert repèrent un bon endroit pour une embuscade si le major prend la route qui mène à Rouen. Ils font cependant choux blanc pour trouver un autre poste à embuscade pour la route opposée. Tout repose sur les épaules de Jean.
Ce dernier en quelques jours se rapproche suffisamment de Guerart pour l’entendre se plaindre de son emploi du temps. Au dimanche suivant, alors que Guerart devait se rendre à Rouen lui-même pour trouver des cigarettes de contrebande, il est obligé de conduire le major jusqu’au camp de prisonnier pour un repas organisé par le directeur du camp. Jean lui pose des questions plus précises sur les horaires en indiquant qu’il peut lui rendre service et aller à Rouen à sa place. Le chauffeur allemand se confie à Jean et accepte son aide.
Le trio se réunit de nouveau avec Marcel pour établir un plan. Jean fera comme prévu pour ne pas éveiller les soupçons et se rendra à Rouen. Quant à Heinrich et Robert ils décident de profiter du fait que la route qui mène au camp de prisonnier se trouve près d’un champ appartenant à Heinrich et suffisamment éloigné de Bourgentin pour éviter les témoins gênants. Ils prévoient de faire traverser les vaches de Heinrich au milieu de la route un peu avant que le véhicule n’arrive. Bloqué par les bovins, la voiture du major sera à l’arrêt, laissant à Heinrich et Robert le loisir d’abattre leur cible.
Le jour de l’attentat, tout marche comme prévu. Robert et Heinrich font semblant de vouloir dégager les bovidés du chemin. Comme cela prend du temps, le major Nazi demande à son chauffeur de leur donner un coup de main, et au besoin d’utiliser son arme à feu. Le chauffeur va voir le duo et s’expliquent avec eux. Heinrich s’oppose à l’utilisation d’arme à feu contre son bétail, ce à quoi le Guerart lui dit de s’adresser directement au major.
Heinrich arrive au niveau de la porte passager arrière gauche de la voiture. Le Nazi ouvre sa fenêtre et est pris au dépourvu quand Heinrich lui pointe son pistolet sur le front et tire, retapissant de rouge sang le cuir noir des sièges arrières. Quant à Guerart, il n’a pas le temps de réagir que Robert lui tire dessus également. Il lui faudra deux tirs pour se débarrasser du témoin. N’ayant pas vraiment réfléchi à la suite des évènements, Heinrich et Robert s’en vont planquer leurs armes dans le bocage alentour avant de revenir sur place alors que les sirènes de la gendarmerie se font entendre.
Il est clair que les coups de feu ont dû être perçus jusqu’à la ville. En trouvant le troupeau de vaches et les cadavres, les gendarmes décident d’embarquer Heinrich et Robert et de les interroger. Si Robert n’éveille pas les soupçons des enquêteurs, Heinrich est moins convaincant. Mais sans témoins et sans armes du crime que les gendarmes ne parviendront pas à retrouver, tout le monde est relâché, même si Heinrich est fortement soupçonné d’être le complice ou l’auteur de l’attentat.
Cette action d’éclat déstabilise quelques jours l’administration allemande qui remplace à la tête de la zone le major assassiné par le directeur du camp de prisonniers. La courte confusion qui s’empare des forces allemandes laisse l’opportunité à Marcel de circuler plus facilement et de nouer des contacts avec quelques trafiquants capables de lui fournir un peu plus de matériel.
Plusieurs semaines passent, donnant le temps au trio de se faire oublier des autorités…
Rapport n°2 de partie : la suite du test de « Sabotage »
Après plusieurs semaines de calme, Marcel réunit de nouveau Robert, Heinrich et Jean. L’homme a un contact avec un certain Michel qui fournit des armes à la Résistance dans les villes environnantes et qui est prêt à aider le groupe de Bourgentin.
Un rendez-vous est fixé dans l’un des bars de la ville afin de voir avec le trafiquant d’armes où et comment récupérer la cargaison. C’est Robert qui va à sa rencontre, bien qu’il ne sache pas vraiment à quoi ressemble l’homme. Ce handicap affecte sa discrétion et son approche de Michel, et le manège qui en découle ne passe pas inaperçu auprès du tenancier.
Robert et Michel, une fois sûrs de leurs identités, se rendent auprès de Heinrich et tous les trois discutent des premières modalités concernant la livraison d’armes et de munitions.
De son côté, Jean fait la rencontre d’une secrétaire au sein du Domaine du Bourg. Elle se nomme Elsa. Le chauffeur tente de séduire la belle qui ne se laisse pas impressionner facilement mais qui a quand même un faible pour le jeune homme. Après plusieurs rendez-vous, Jean est capable d’obtenir quelques informations concernant la réorganisation de l’administration allemande suite au décès du dernier major Nazi. Il apprend ainsi que, pour le moment, aucun renforcement de la sécurité ni aucun mouvement de troupes n’ont été prévus dans la zone de conflit entourant Bourgentin.
Heinrich, Robert et Jean se retrouvent dans leur planque au milieu des marais pour organiser avec Marcel la récupération de leur arsenal livré par Michel. Il est décidé de récupérer la cargaison au niveau du pont à l’est de la ville, et de la transporter en barque jusqu’à la planque.
Ce soir là, en rentrant chez lui, Robert tombe sur des gendarmes qui l’interrogent avec insistance sur ses fréquentations, et en particulier l’homme avec qui il a été aperçu au bar quelques temps auparavant. Robert n’arrive pas à convaincre les forces de l’ordre de son honnêteté mais celles-ci n’ont rien de tangible contre lui et le laisse rentrer à son domicile. Robert préfère alors annuler sa participation à la mission de récupération des armes par peur d’être surveillé.
Réduits à deux, Jean et Heinrich rencontrent quelques difficultés à charger les caisses d’armes dans leur barque. Michel le trafiquant doit les aider tout en étant abasourdi par la maladresse et l’incapacité dont font preuve les deux hommes. La manœuvre prend plus de temps que prévu mais se termine bien, même si Michel, en remontant dans son camion, jure ne plus vouloir avoir à faire avec ces amateurs.
Jean et Heinrich éprouvent tout autant de peine à ramener la cargaison dans leur planque mais, finalement, le groupe de résistants se retrouve avec plusieurs fusils et munitions, quelques grenades et explosifs et même un pistolet-mitrailleur, de quoi donner de l’ampleur à leur mouvement.
En accord avec Marcel, la prochaine action du groupuscule sera de recruter de nouveau membres…
Commentaires du MJ : la partie était plutôt courte, avec pour objectif pour les personnages joueurs de renforcer leur position par l’acquisition de matériel militaire.
Rapport de partie n° 3 pour « Sabotage »
Pendant plusieurs jours, Robert, Heinrich et Jean se font discrets tout en passant le plus clair de leur temps dans les lieux publics de Bourgentin. Le but est de laisser traîner ses esgourdes et d’essayer de repérer les mécontents les plus véhéments du régime d’Occupation.
Si Heinrich éveille la suspicion des locaux et ne parvient pas à se renseigner sur les revendications des habitants de la ville, Robert a plus de succès et se rend compte que les gens grognent contre les Nazis qui contrôlent la région. Personne ne semble pourtant sur le point de prendre les armes mais la haine de l’envahisseur est là.
Jean quant à lui rencontre trois jeunes qui gueulent plus fort que les autres : Gaston, Jean-Jacques et Auguste. Il se rapproche d’eux en leur payant des coups à boire dans l’un des bars de la ville. Il traîne ensuite avec eux pour s’assurer de leur volonté d’en découdre avec les allemands.
Parallèlement, Elsa, la secrétaire du Domaine du Bourg qui travaille pour l’administration ennemie, propose à Jean de devenir le chauffeur du nouveau Major Nazi qui doit se rendre à Paris pour une réunion et a besoin d’un bon conducteur pour se rendre dans la capitale française occupée.
Le jeune résistant accepte. Escorté par des motards et une « kubelwagen » chargée de soldat, tout se passe bien jusqu’à son arrivée dans la ville lumière où la voiture du Major emboutit un autre véhicule à une intersection. Le gradé allemand est furax contre Jean. Il lui demande de s’occuper des réparations de l’automobile pendant qu’il se rend à sa réunion. Il prend la place d’un des soldats présents dans la « kubelwagen », laissant ce dernier en compagnie de Jean qui doit gérer la situation. Un dépanneur est appelé sur les lieux ; malheureusement, la voiture n’est pas réparable dans l’immédiat. Finalement, il est décidé de la remorquer jusqu’à Bourgentin où les mécaniciens germaniques s’en occuperont. Un détour par le quartier général des forces allemandes à Paris pour avertir par message que le Major devra rentrer avec un autre véhicule et un autre chauffeur et Jean et son superviseur retournent dans la campagne normande.
Elsa est en colère contre Jean et inquiète pour sa position. Leur relation en prend un coup.
Peu après son retour, le trio de résistants retrouve Marcel dans leur planque. Comme le Major doit bientôt revenir de Paris, ils décident d’attenter à la vie du gradé Nazi. Le plan est de faire sauter le pont à l’est de Bourgentin au moment où l’escorte revenant de la capitale passera dessus. Pour les aider dans leur tâche, ils décident de recruter les jeunes rencontrés quelques jours plus tôt.
Jean se charge de les réunir et de leur dévoiler toute l’entreprise le concernant. Gaston, Jean-Jacques et Auguste sont plus que motivés pour rejoindre le groupuscule.
Grâce à Elsa, l’horaire approximatif du retour du Major est connu. Le groupe de résistants se réunit sur les berges de la rivière Songe, non loin de leur planque. Avec les explosifs qu’ils ont récupérés quelques jours avant, ils descendent jusqu’en barque sous le pont ciblé. L’embarcation ne peut contenir les 6 hommes : Jean, qui a fait assez de dégâts comme ça, et Auguste, un peu moins courageux que ses camarades, décident de rentrer chez eux.
L’installation du traquenard a l’air de se passer sans problème. Armés, tout le monde se place de manière stratégique afin de couvrir leur retraite par bateau une fois le pont en ruine.
Finalement, les phares de plusieurs véhicules apparaissent sur la route, sur la berge Est de la rivière. Le son particulier d’une moto parmi les bruits de moteurs des autres véhicules font penser à Heinrich et ses compagnons qu’il s’agit bien du Major et de ses hommes.
Alors que le motard et la voiture de luxe aux fanions Nazi abordent la structure de pierre, le vétéran allemand appuie sur le détonateur. Malheureusement, rien ne se passe. Il doit s’y reprendre une seconde fois pour finalement faire voler en éclats le pont et ceux qui se trouvent dessus. Mais le temps de latence a permis à la moto et au Major de passer presque sans encombre la rivière. La bonne nouvelle pour les résistants est que la « kubelwagen » chargée de soldats gît sur le dos, en flamme,s sur la rive d’où elle venait.
Le motard de tête, une fois ses esprits repris, fait demi-tour vers le lieu de l’attentat. Une fois assuré que le Major n’est pas blessé, il se précipite, mitrailleuse à la main, vers le cours d’eau pour l’inspecter.
Robert et ses frères d’armes décident de fuir le théâtre des opérations. Mais le soldat allemand, qui les remarque dans la nuit à la lueur des flammes du véhicule détruit, ouvre le feu avec sa MP-40.
Heinrich, Robert, Gaston et Jean-Jacques ont le temps d’embarquer sur leur bateau et répliquent à la menace ennemie avec leurs propres armes. Dans le barque, c’est la confusion ! Sans couverture, et faisant tomber leurs rames à l’eau, le groupe ne doit sa survie qu’au manque de courage de leur opposant qui préfère rester à l’abri, tirer au hasard et éviter de se retrouver exposé aux balles des résistants. Même sa tentative de les atteindre avec une grenade échoue. Finalement, Heinrich et les autres arrivent à s’éloigner suffisamment sans que personne ne soit blessé à bord de l’embarcation.
Ils savent que les allemands vont réagir et certainement plutôt rapidement. Ils tentent de camoufler le bateau et les armes qui sont en leur possession dans le marécage où ils se cachent d’habitude. Puis tout le monde retourne chez soi discrètement.
Le lendemain, le bruit court dans Bourgentin. Les allemands ont été attaqués, le pont de l’Est est détruit. En réaction les troupes qui stationnaient au Domaine du Bourg ont ratissé la plaine Noyée. Elles ont trouvée la planque, sans personne à l’intérieur, mais se sont saisies de la radio, des armes, et des munitions qui y étaient entreposées.
Si le premier assassinat sur le Major Graussam avait été interprété comme un acte isolé, il est clair cette fois, autant pour l’état-major allemand que pour les habitants de Bourgentin, que des hommes ont pris les armes contre l’occupant et comptent bien lui faire payer ses exactions. Si une partie des Bourgentins a peur des représailles et regrette la perte de la route de l’est, la majorité voit dans cet acte une lueur d’espoir face à l’oppresseur Nazi… à suivre.
Commentaire du MJ : la partie a été mouvementée. Elle a également permis de réfléchir sur la création d’options supplémentaires d’un point de vue mécanique ludique qui seront rajoutées à « Sabotage ».

